Douchan 2011. Rickie Lee Jones on stage, 27 novembre 2011. Mine de plomb, aquarelle, encre de Chine. Sur papier 37,5 X 28cm. Droits réservés.
Rickie Lee Jones, je l’avais découverte dès la sortie de premier disque, en 1979, sa voix et sa musique m’ayant immédiatement fasciné. Et depuis, je n’ai cessé d’aimer écouter ses chansons. Voici qu’elle se produit le 27 novembre 2011 à Paris, où je me trouve de façon imprévue. Belle et talentueuse chanteuse et musicienne, qui n’est pas sans me rappeler une certaine époque, salle confortable, acoustique de qualité, les conditions sont réunies pour savourer un concert comme j’ai rarement l’occasion de le faire en Guyane.
Un concert se déguste avec les cinq sens. L’oreille et la vue d’abord, avec le public à l’entrée, ses voix dans le hall. Le goût : une boisson, un verre, peut-être avant ou après, pour commencer. Le contact avec les éléments : s’assoir à sa place et observer. Le concert va commencer : les musiciens entrent en scène, s’installent et prennent leurs instruments. Entendre et les voix des chanteurs et chanteuses, et sentir de tout son corps le démarrage du concert. Écouter, entendre, regarder ! Puis viennent les odeurs : celles du public, des musiciens. Enfin, parfois le toucher de ses compagnons de concert ou de rencontre.
Pour moi, après avoir savouré ces prémices, le désir du toucher de mon carnet de dessins et de mes crayons se fait immédiatement sentir, irrésistible besoin. Vite sortis de mes poches, crayon en main, carnet sur les genoux, je croque. Le premier croquis est pour Rickie entrant en scène, coiffée de son béret. Il est suivi du moment où elle se saisit de sa guitare dont la blondeur est accordée à celle de sa chevelure. D’autres croquis viennent au fil du concert, que le manque de lumière transforme parfois en gribouillages. Qu’importe, tous mes sens sont en fonction, et mes yeux surtout mémorisent des ensembles ; des attitudes, les musiciens et différentes scènes. L’un des plus beaux croquis de cette session est celui où Rickie dirige ses musiciens, bras dressés et petits gestes des mains.
Une fois rentré chez moi, je ne tarde pas à utiliser ce matériel et à fouiller dans ma mémoire : il en sort très vite quelques choses. Tôt ou tard, tout cela est utilisé pour des compositions inspirées des musiciens, ou de la musique elle-même. Le lendemain de ce concert de Rickie Lee Jones à la salle Pleyel, j’ai brossé un certain nombre d’aquarelles, crayonné divers esquisses et tracé des encres de Chine. Je vous laisse observer cette petite composition et, si vous avez assisté au concert, imaginer quelle chanson Rickie pouvait-elle précisément chanter.
Je tiens à remercier la personne qui m’a invité à ce concert, me servant de guide dans cette sortie dans le monde un mois à peine après avoir subi une trépanation du crane. Sans oublier de rendre hommage à la chirurgienne dont l’intervention est une réussite, preuve en est.

