L'atelier du peintre (variation d'après “l'atelier de Gustave Courbet” ou “allégorie réelle”). Crayons et pastels, 19 X 22 cm. Douchan, mai 2010.
Lieu de conception, de gestation et de fabrication des tableaux, l’atelier du peintre est un espace particulier, reflétant le caractère de son locataire, et aussi des tendances de l’époque. Il y a l’atelier bric-à-brac ou l’atelier ordonné. Il y a l’atelier isolé, sorte d’ermitage. Mais aussi l’atelier-ruche, lieu de rendez-vous et de réunions de compères artistes. Certains artistes, dans la lignée du landart, n’ont pas d’atelier, tel Andy Goldworthy qui installe ses œuvres en pleine nature les y livrant à leur propre sort. D’autres, comme Daniel Buren, prétendent ne pas en avoir alors que, créant in situ pour des espaces publics, ils ont forcément un bureau-atelier. Des ateliers ont été glorifiés dans des œuvres désormais célèbres de leurs propriétaires : on pense à l’atelier de Vermeer ou à celui de Courbet, significatifs d’une certaine conception de la peinture, et plus près, à ceux de Lucian Freud ou de Francis Bacon.
Chercher l'intrus. Crayons de couleur, 31 X 21,5 cm. Douchan, mai 2010.
L’atelier du peintre est entouré de mystères. Mythique, virtuel, idéalisé tel le lieu de quête d’un graal individuel, l’atelier de l’artiste interroge par l’ambiance secrète de gestation des créations dont il est le creuset. Les interrogations se multiplient lorsque l’atelier reçoit des modèles, quand le peintre sonde de ses pinceaux les recoins l’humain, de son âme et de sa chair. On le suppose alors, trop hâtivement, métamorphosable en alcôve chargée d’érotisme. Pourtant, la peinture passe parfois par un combat, au moins par une rencontre du peintre avec la matière pigmentée, et l’atelier est ainsi toujours un lieu de travail acharné. Face à son modèle, se servant de multiples outils, le peintre travaille à ses toiles à coups de brosses et de pinceaux, s'aidant de couteaux, et il fait surgir sa vision sensuelle ou violente du corps observé. Son corps à corps, l'artiste le fait d’abord avec sa toile. Toutefois, dans la fougue des sensations, tout à une observation intense son modèle propre à faire lever sa peinture, le peintre pourrait fort bien se tromper de penicillus et rejoindre un modèle, peut-être émoustillé à son tour par cette paire d’yeux fouilleurs.
Rendez-vous sur une page de présentation de mon atelier. Prochainement sur ce site.

